Au Havre, la femme infidèle trouve un décor qui lui ressemble : une ville ouverte, aérée, battue par le vent et parcourue de lumières changeantes. Entre le front de mer, les perspectives d’Auguste Perret, le quartier Saint-François et les falaises de Sainte-Adresse, les rencontres s’organisent sans éveiller l’attention. Les épouses infidèles que tu lis ici connaissent leurs terrains de jeu : un café près du port, une marche sur la plage un matin de brume, un dîner calme du côté de Graville quand le ciel s’assombrit.
La ville portuaire a son rythme propre, avec des horaires décalés, des équipages de passage, des habitants qui se croisent sans se regarder. Ces Havraises qui s’expriment ici en profitent : elles choisissent les heures où la ville se disperse, elles évitent les lieux familiers, elles s’appuient sur les petits restaurants de Sanvic ou les cafés de la rue de Paris. L’été, la plage attire la foule et l’on s’y fond sans effort, et l’hiver, la brume protège.
Au Havre, l’aventure extraconjugale garde la franchise des gens du port. Ces femmes mettent noir sur blanc leurs créneaux, leurs envies et leurs refus. Pour une rencontre discrète au Havre, lis les portraits avec attention, retiens celui qui te touche et écris-lui avec délicatesse, comme à quelqu’un qu’on a envie de revoir un jour de grand vent. Les curieux trouveront aussi leur compte sur première fois avec une femme mûre.